Comment l’Utac a confondu les Volkswagen illégales

Publié le 08/02/2016

Mesure des émissions polluantes d’un Opel Zafira par l’Utac-Ceram en conditions réelles..

Le laboratoire français d’homologation a dévoilé la manière dont il s’y prend pour tester les 100 véhicules demandés par la « commission Royal ».

Plus de trois mois après le début des travaux, la manière dont la « commission Royal » teste 100 véhicules pour vérifier leurs niveaux d’émission polluantes a enfin été révélée par l’Utac-Ceram, le laboratoire d’homologation français.

Comme L’argus l’avait déjà indiqué, 3 tests ont été mis en place : D1, D2 et D3.
Le D1 consiste à effectuer un cycle d’homologation NEDC complet, mais avec quelques différences notables : utilisation d’un banc 4×4 pour une 4×2, changement dans le protocole de conditionnement du véhicule, etc.

Le D2 vise lui aussi à reproduire un cycle NEDC, mais des modifications interviennent de manière à tromper un éventuel « logiciel trompeur » sis sur les Volkswagen : le moteur est éteint en cours de cycle pendant 300 secondes, puis le cycle « extra-urbain » du NEDC est effectué dans son intégralité.

La comparaison des émissions obtenues lors des cycles extra-urbains en D1 et D2 permet de vérifier si la voiture est munie d’un logiciel de minoration des émissions lorsqu’elle est en phase d’homologation :  » C’est là que l’on attendait les Volkswagen, c’est là que nous les avons trouvées » note Laurent Benoit, PDG du groupe Utac-Ceram. Les valeurs d’oxydes d’azote (Nox) se seraient en effet envolées sur les VW lors du D2…

PEMS et bon sens

Le test D3 est enfin une reproduction sur piste du cycle NEDC. Il ne vise à piéger personne en particulier, mais à observer les émissions de Nox de tous les véhicules demandés par la commission Royal à l’aide d’un système embarqué, le PEMS. C’est lors du D3 que Renault a été mis en cause pour des valeurs d’émission trop largement supérieures à celles homologuées.

Toutefois, à l’heure actuelle, il n’existe aucune valeur légale d’émission maximale de Nox lors d’une mesure en conditions réelles. Difficile donc d’indiquer que tel ou tel dépasse les seuils… L’Utac explique avoir procédé avec bon sens. Le laboratoire effectue en quelque sorte un ratio entre respect des lois de la physique et résultats observés sur les autres véhicules.

Concrètement, cela signifie tout d’abord qu’un moteur mis en charge 1,5 fois plus que lors de l’homologation ne devrait pas émettre 10 fois plus de Nox qu’à cette occasion. D’autre part, les résultats obtenus sur les différentes voitures sont comparés les uns avec les autres. Si un véhicule se distingue par des valeurs nettement supérieures à celles des autres, il peut y avoir lieu de demander des comptes…

Afin de ne pas être victime d’une duperie de la part d’un constructeur, les 100 véhicules à disposition de l’Utac émanent pour la grande majorité d’un loueur longue durée. D’autres ont été prélevés directement dans le parc de l’Utac : « Vu les résultats obtenus, les véhicules n’ont pas été préparés » indique encore le laboratoire, qui a déjà examiné une quarantaine d’autos à ce jour.

Les résultats seront communiqués lorsque les 100 véhicules auront été testés.

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